Un site de restaurant n’a pas besoin d’être impressionnant. Il a besoin de répondre en quinze secondes aux quatre questions que se pose la personne qui hésite : qu’est-ce qu’on mange, combien ça coûte, est-ce que c’est ouvert, comment je réserve. Tout le reste est décoratif. Voici comment construire un site qui remplit la salle.
Ce qui doit être visible tout de suite
La plupart des visiteurs arrivent sur votre site depuis un téléphone, souvent en fin d’après-midi ou peu avant le repas, parfois debout dans la rue. Ils n’ont aucune patience.
Ce qui doit être visible sans faire défiler la page :
- le type de cuisine et la ville, en une ligne ;
- une photo qui donne faim, pas une photo de la façade ;
- un bouton de réservation et le numéro de téléphone, cliquable ;
- l’indication ouvert ou fermé, ou au minimum les horaires du jour.
Ce qui ne doit surtout pas s’y trouver : une vidéo qui se lance avant le contenu, un long texte de bienvenue, un menu déroulant à six niveaux. La personne partira avant d’avoir vu votre carte.
La carte : le point le plus mal traité
C’est l’erreur numéro un des sites de restaurant, et elle coûte cher : la carte en PDF.
Un PDF sur mobile oblige à télécharger, à zoomer, à faire glisser de gauche à droite pour lire une ligne. Beaucoup de gens abandonnent. Son contenu est aussi moins bien exploité par les moteurs et les assistants IA qu’une page web. Quelqu’un qui cherche « un restaurant avec un menu végétarien à Serris » a donc moins de chances de vous trouver, même si votre carte en propose trois.
Ce qu’il faut faire à la place :
- La carte en texte, dans une page web, organisée par sections (entrées, plats, desserts).
- Les prix affichés. Un visiteur qui ne voit aucun prix hésite souvent plus qu’un visiteur qui voit des prix élevés. L’affichage des prix en restauration est par ailleurs encadré : vérifiez ce qui s’applique chez vous, sur place comme en ligne.
- Les mentions utiles à côté de chaque plat : végétarien, fait maison, plats de saison.
- L’information sur les allergènes, qui fait l’objet d’obligations propres à la restauration. Renseignez-vous sur la façon de la donner avant de la publier telle quelle.
- Une mise à jour réelle. Une carte d’hiver affichée en juillet donne une mauvaise impression.
- Si la carte change souvent, une page « suggestions de la semaine » courte, avec le reste en carte fixe.
Vous pouvez garder un PDF à télécharger, mais toujours en plus du texte, jamais à la place.
Les photos : ce qui fait la différence
Dans la restauration, les photos décident. Et les bonnes photos ne sont pas celles qu’on croit.
Ce qui fonctionne : trois ou quatre plats réels, photographiés en lumière du jour près d’une fenêtre, tels qu’ils sortent de la cuisine. Une vue de la salle en service. La terrasse s’il y en a une. Le chef ou l’équipe, une fois.
Ce qui ne fonctionne pas : les photos de banque d’images, reconnaissables au premier regard. La salle vide au néon. Les photos de nuit au flash. Les plats photographiés de trop loin.
Comptez une heure avec un téléphone récent et vous aurez de quoi tenir un an. Notre article sur les photos de votre commerce donne la méthode en détail.
Attention au poids des images : une photo de 6 Mo par plat rend le site inutilisable en 4G.
La réservation : enlever tous les obstacles
Objectif simple : le moins de clics possible entre l’envie et la table réservée.
Le téléphone d’abord. Une part importante des réservations se fait encore par téléphone. Le numéro doit être cliquable partout, en haut de chaque page.
Un outil de réservation en ligne si vous en avez un. Le bouton doit être visible en permanence, pas caché dans un menu. Vérifiez que le module s’affiche correctement sur mobile : beaucoup de widgets sont catastrophiques sur petit écran.
Un formulaire simple si vous n’avez pas d’outil. Date, heure, nombre de personnes, nom, téléphone. Cinq champs, pas douze. Et une confirmation claire à l’envoi.
Les informations qui lèvent les freins. Faut-il réserver le midi ? Acceptez-vous les groupes, à partir de combien ? Y a-t-il une salle privatisable ? Jusqu’à quelle heure servez-vous ? Chaque question sans réponse est une réservation qui risque de ne pas se faire.
Les informations pratiques qu’on oublie toujours
Faites la liste de ce qu’on vous demande au téléphone, et mettez tout sur le site. C’est presque toujours la même chose.
- Les horaires exacts, service par service, jours de fermeture et congés compris.
- Le stationnement. C’est la question numéro un dans beaucoup de communes de Seine-et-Marne. Parking gratuit à cinquante mètres, place devant, zone bleue : dites-le.
- L’accès en transport, et à pied depuis la gare si c’est pertinent.
- L’accessibilité : marche à l’entrée, toilettes accessibles, place pour une poussette.
- Les animaux acceptés ou non.
- Les moyens de paiement : carte, tickets restaurant, chèques vacances.
- La terrasse : chauffée, couverte, nombre de couverts.
- Les enfants : chaises hautes, menu enfant, table à langer.
Ces informations ne coûtent rien à écrire, et ce sont précisément celles que les assistants IA semblent reprendre quand ils recommandent un établissement.
La fiche Google : au moins aussi importante que le site
Pour un restaurant, beaucoup de clients ne verront jamais votre site. Ils décideront depuis Google Maps.
Votre fiche doit donc être irréprochable : catégorie principale précise (pas « restaurant » mais « restaurant italien » ou « bistrot français »), horaires exacts, photos récentes, lien vers votre site et vers votre outil de réservation, menu renseigné, attributs cochés (terrasse, à emporter, végétarien, accessible).
Site et fiche fonctionnent ensemble, avec exactement les mêmes informations. Une contradiction entre les deux dessert les deux. C’est le sujet de notre article sur la fiche Google et le site internet.
Les avis : le vrai argument de vente
Dans la restauration, les avis pèsent plus que n’importe quel texte que vous écrirez. Deux réflexes.
En demander systématiquement. Pas de manière lourde : un mot au moment du départ, un QR code sur l’addition, un rappel dans le mail de confirmation de réservation. Régulièrement, pas par vagues.
Répondre à tous, surtout aux mauvais. Une réponse calme et factuelle à un avis négatif rassure plus qu’une série de cinq étoiles. Ne vous justifiez pas longuement, ne contestez pas les goûts, proposez de reprendre contact.
Vous pouvez aussi afficher quelques avis sur votre site, avec un lien vers la fiche Google pour la transparence. La méthode complète est dans notre article sur les avis Google.
Ce dont vous n’avez pas besoin
- Une musique qui se lance automatiquement. Jamais.
- Une animation d’entrée, qui retarde l’accès à l’information.
- Un blog de recettes que vous ne tiendrez pas.
- Une visite virtuelle à 360 degrés, sauf cas particulier.
- Un site multilingue complet si vos clients sont locaux. Une page en anglais suffit souvent, même près des parcs.
Mettez l’argent dans les photos, la carte en texte et la vitesse du site.
La checklist avant de mettre en ligne
Sur votre téléphone, en 4G, vérifiez que vous pouvez faire tout ceci sans effort : voir un plat, lire la carte avec les prix, savoir si c’est ouvert ce soir, appeler d’un doigt, savoir où vous garer.
Si l’un de ces points vous demande de chercher, il y a du travail.
Pour voir ce que nous incluons dans un site de restaurant, et à quel prix, regardez notre méthode de création de site. Et si vous voulez un avis franc sur votre site actuel, écrivez-nous, nous regardons et nous vous disons ce qui bloque.
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